Echos

by Lo Pailhes

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1.
A Phu Quoc 03:45
A Phu Quoc, je suis devenu fou A cause de ces arbres trop piquants Et de ces coqs en cages Qui me dévisageaient A Phu Quoc, je t’ai cherché partout J’ai balayé la piste rouge Fui la poussière des pièces vides Dans un taxi climatisé A Phu Quoc, je me suis mouillé jusqu’au cou Avec des gens très haut placés J’ai goûté tous ces fruits étranges Sur une île en tôle ondulée I can’t hear your soul I can’t hear your soul Non loin, non loin d’ici A Phu Quoc, j’ai vu le mont Ventoux Et des vaches qui jouent au ping pong Et des parterres de poivre orange Parfumés, abandonnés A Phu Quoc, des poissons sèchent debout D’autres bougent au bout du fil Je n’ai rien demandé en échange J’avais bu trop d’eau salée I can’t hear your soul I can’t hear your soul Non loin, non loin d’ici A Phu Quoc, je suis devenu saoul A trop faire de tour de piste J’ai cru me baigner dans le Gange Près d’un palmier déraciné Tout est ensuite devenu flou J’ai voulu devenir bouddhiste On m’a fait revêtir un change Au pied d’un drapeau étoilé I can’t hear your soul I can’t hear your soul Non loin, non loin d’ici
2.
Le train 04:54
Sur un siège usé d’un train à grande vitesse nous ramenant à la période de nos trente glorieuses Dont la seule évocation entraîne des mélodies d’époque encore si actuelles pour nous qui les avons connues. Nous marchons, en équilibre, sur un fil, d’autres tombent mais nous marchons. Nous vacillons parfois, l’exercice est périlleux et cauchemardesque pour celui qui nous observe de plus loin. Ces trains roulent encore et leur déplacement s’apparente à une forme d’immortalité grecque suggérée en l’espèce par un objet toujours en mouvement. Nous les empruntons, nous voguons toujours sur ce fil de soie qui se déroule comme par magie devant nous. Une odeur caractéristique de tissu suranné et surexploité nous rappelle que le temps a passé Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de voie Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de toi Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui que tu t’en vas Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui (bis) …. Le véhicule a trouvé sa voie, dès le début. On l’a posé là, et c’était fait. Pas de question. C’était parti pour au moins trente ans. Ça roule, ça déroule, toujours pareil, toujours fidèle, presque toujours à l’heure. Miraculeux. Et nous, pauvres frêles apprentis en quête d’un destin que la grande vitesse permet de rapprocher. Nous sommes là, et ça fonctionne toujours. Incroyable. La vitesse raccourcirait l’effet du temps. Cela doit pouvoir se vérifier dans une des théories quantiques. Et les seuls indices qui nous restent sont un accoudoir défait, des rayures démodées et l’absence de prises de courant en nombre suffisant. On a pigé le truc et on continue de jouer parce que le train laisse des marques invisibles mais indélébiles dans nos cœurs. Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de voie Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de toi Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui que tu t’en vas Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui (ter)
3.
Brune aux longues jambes en première classe à dix heures Blonde aux bas noir au regard qui interroge Des doigts fins zélés un peu timides Et des courbes aux virages dangereux Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Qu’elles montent l’escalier en colimaçon Qu’elles s’attardent pas trop longtemps dans ce qui me sert de salon Qu’elles entrent toutes sans frapper dans la pièce à côté Qu’elles prennent entre leurs doigts ma bouche enflammée et gercée Par de longs moments d’hiver, d’hiver Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Belle classique avec un pardessus à mi-hauteur Grands yeux noirs qui à eux seuls engloutissent le regard Visage surligné avec soin pour mieux paraître Poitrine généreuse en quête de sensations masculines Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Qu’elles éteignent la lumière et monte le son Qu’elles déambulent dévêtues dans le salon Qu’elles se rafraîchissent à la fontaine glacée Qu’elles prennent entre leurs doigts ma bouche enflammée et gercée Par de longs moments d’hiver, d’hiver Qu’elles montent, qu’elles montent toutes Qu’elles montent, qu’elles montent toutes
4.
Capitaine 04:18
Ce capitaine de paquebot flegmatique Boit du Champagne et scintille comme une étoile qu’il n’est pas Ses absences sont devenues quasi systématiques Il aime confier la barre à la chance qu’il n’aura pas La chance, ce n’est pas non plus le trait caractéristique De ces milliers de gens qui se trouvaient ce soir au même endroit Lorsque, d’un coup d’un seul, il prit la décision diabolique De faire prendre un virage au bateau qui filait tout droit Machine arrière toute Tandis que le vaisseau flirte avec la roche d’une île Ce capitaine jouit dans une maîtresse empruntée au hasard Lustres grandiloquents, assiettes et autres ustensiles Sont maintenant quelques-uns des objets qui s’expriment et se marrent Et tandis que la foule commence à courir dans les coursives Le brave capitaine s’enfuit en évitant les miroirs Ô rage, ne voilà-t-il pas que les officiers l’imitent Délaissant à leur sort les touristes sur leur nénuphar Machine arrière toute Moi qui voulais tant voir Syracuse Toi qui aimais tant les mers du sud Nous sommes allés en vitesse de croisière Nous abimer en pleine mer Ce capitaine fustige en bloc les charges des assises Les protagonistes jouent à Questions pour un champion Et ce sont eux, les vacanciers qui s’activent et défilent Et se retrouvent seuls une nouvelle fois sur le pont D’un bateau fantôme réquisitionné par la justice D’un vrai théâtre en bois qui sert de tribunal pour l’occasion Et de ce point de chute, ils tenteront bien, qu’on se le dise, De panser leurs plaies rougies par le sel et la séparation.
5.
Du nouveau ? 04:08
6.
Ami 04:42
Ami, entends-tu les sirènes qui émettent des sons déchirant le cœur du silence ? Le rivage n’est plus très loin ; il parait qu’on y parle français. Ça tombe bien, j’ai faim. Je n’ai point vu cette femme qui me regardait de près pendant le voyage. Maintenant que tu me dis qu’elle m’observait, je la cherche. Nous allons accoster. Peut-être est-elle déjà à terre, mais par quel miracle y serait-elle ? Ami, entends-tu les fantômes des doux noirs esclaves impatients. Ils allument tellement de feux follets que je me demande. Ce qui se joue là-bas. J’aimerais boire quelque chose de chaud. Laver ma peau et sécher mon corps, vendre mon âme. Ami, entends-tu les clameurs qui s’élèvent de cette terre que j’aurais tant aimée si elle s’était d’elle-même affublé du qualificatif d’accueil ? Il parait que le mal vient de chez nous. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il est dans nos bagages. D’ailleurs, je n’en ai pas, de bagages. Et sur la berge qui s’ignore toujours bienfaitrice de l’humanité, nous faisons encore partie de ceux qui sont encore en sursis. Car le malin rode et à défaut d’avoir pu faire chavirer ce semblant de navire, il a installé des barbelés sur notre chemin. Ami, entends-tu les fantômes des doux noirs esclaves impatients. Ils allument tellement de feux follets que je crains. Ce qui se joue là-bas. J’aimerais boire quelque chose de chaud. Laver ma peau et sécher mon corps, vendre mon âme. Ami, entends-tu les fantômes qui trépignent d’impatience. Ils allument tellement de feux follets que l’odeur du souffre s’accroche dans mes narines. (bis) Ami, entends-tu les fantômes des doux noirs esclaves impatients. Ils allument tellement de feux follets que je fuis. Ce qui se joue là-bas. J’aimerais boire quelque chose de chaud. Laver ma peau et sécher mon corps, vendre mon âme. Ami, toi que j’ai laissé derrière, avec mon goût, ma voiture et ma veste, prends soin des miens.
7.
Bonjour, merci pour votre message Rencontrons-nous plutôt à mon retour de congés J'aimerais vous écrire en anglais je crains de ne pas être à la hauteur Vous n’entendez plus le tumulte qui résonne un peu partout ? Aussi j'aimerais plutôt vous communiquer Ma nouvelle proposition en anglais Pour mieux se connaître de bout en bout Et c'est autour d'un petit déjeuner Que nos langues se sont déliées Il n'a point été besoin de les traduire en français Le moment se prêtait à une mise au point sur la convergence de nos envies Je vous ai regardé, j'ai vous ai exploré Puis vous vous êtes enfuie par une porte dérobée Depuis de nouvelles figurines se sont mises à danser sur une chanson sans paroles Je vous écris d’une lenteur abyssale Je vous écris d’une lenteur abyssale Je vous ai attendu puis me suis demandé Si je savais bien m’exprimer en anglais Car, de fait, votre porte est restée close alors que je n’avais même pas encore tenté de vous séduire Un peu comme si vous aviez déjà imaginé le pire
8.
Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est J'aurais trop peur que, du jour au lendemain, Ils reconstruisent un mur Je devrais alors me salir les mains A creuser un tunnel improbable Pour courber le sens du futur Je ne pourrais pas vivre trop à l’est J’aurais trop peur d'être mis sur table d’écoute Moi qui aimerais pourtant tant qu'on m'écoute Je devrais alors te parler avec les mains Et user de phrases à double sens Pour exprimer des doutes Je ne pourrai pas non plus devenir Mexicain C’en est fini du rêve américain Depuis qu’un mur n’est plus hypothétique Ne sommes-nous pas ? Ne sommes-nous pas ? Ne sommes-nous pas des bêtes de somme ? A l’Ouest au moins il y a du nouveau Les vases sont hermétiquement clos Et on ne communique plus Que par texto ou sur les réseaux sociaux J’aimerais tant te faire l’amour Autrement qu’au pied d’un mur Et si on reprenait tout du début Il y a bien un truc qu’on n’a pas vu Pour se retrouver ainsi distancié Ne sommes-nous pas des bêtes de somme ? La Dolce Vita s’est barrée de l’Italie Là bas aussi on refoule du goulot Au lieu de reconstruire des ponts Et moi je suis toujours bloqué ici Dans une geôle systémique Pour avoir écrit des mots sur du son
9.
Grisaille 04:08
On est dans la grisaille et le froid Sois prudent ce soir Attention… Brouillard, verglas et sanglier A la radio, la même rengaine Et sur la route, des destins basculent Dans ma tête, les idées s’éteignent Prudence et rigueur sont de mise On nous bassine encore avec une crise Une exceptionnelle, dit-on, un très bon cru Et les kilomètres défilent sur le compteur digital Et dans le noir de la forêt qui avance, monte et descend Ma vie ne tient plus qu'à un fil Mais curieusement, un sentiment chaud s'installe Et envahit mon corps avide de reconstruire Pendant que les uns leurs couteaux aiguisent Prêts à se jeter sur ce qui va ressortir des décombres d'une mort annoncée Les autres préfèrent ne pas regarder ce qui les attend Tellement le spectacle est effrayant Et leur impuissance implacable Des feux de croisement se croisent Et les platanes se toisent Prêt à accueillir la prochaine déconvenue Et les kilomètres défilent sur le compteur digital Et dans le noir de la forêt qui avance, monte et descend Ma vie ne tient plus qu'à un fil Mais curieusement, un sentiment chaud s'installe Et envahit mon corps avide de reconstruire Je n’ai plus de chaussures de ville, je les ai laissées dans le métro Depuis, je conduis pieds nus. Même pas peur. Plus de chaussures de ville, elles sont dans le métro, dans le métro.
10.
How it is 03:44
She will look at you quickly She will smile upon request She’ll remain by your side always She will stick to your mind all the time that is passing by But she’ll stand like a rock in the middle of your storm I want to show you how I want to show you I want to show you how I want to show you How it is when loves knocks on the door She might get in a hurry She might ask to settle down She’ll treat you like a child sometimes She will play tricks to your mind all the time that is passing by But she’ll stand like a rock in the middle of your storm I want to show you how I want to show you I want to show you how I want to show you How it is when loves knocks on your door Be gentle to the one that takes too much of your life Stay in love with the one that carries your mind Be willing to follow the path that she shows you Along the line of your soul I want to show you how I want to show you I want to show you how I want to show you How it is when loves knocks on the door
11.
Nos Afriques 05:33
Il faisait mauve et chaud au bord d’un lac d’Afrique Et les zincs de nos nuits en des coulées superbes Etaient des routes bleues vers de furieux tropiques Où se meurt la mémoire et se taisent les verbes Il pleuvait des absinthes habillées de tragique Et des rires larmaient nos passions primordiales Nous rêvions, je le sais, de lendemains magiques Pour sauver nos cancers d’une mort lexicale Qui aura eu cette chance ? Qui aura cette chance De fouler le sol de nos Afriques, de nos âmes aussi qui parlaient d’Amériques As-tu vraiment aimé ces totems en partance Où tu buvais mes paroles et pillaient mes délires ? Dis moi, qu’as-tu été qu’une impossible chance Qui se joue au matin quand les corps se chavirent ? Et puis, qu’avons-nous fait de nos nocturnes danses ? Hormis des rades noires où guettent des vampires Et des cadavres fous qui s’ennuient de leurs transes Il se fait tard ma vie pour redire nos ires Qui aura eu cette chance ? Qui aura cette chance De fouler le sol de nos Afriques, de nos âmes aussi qui parlaient d’Amériques Assassine et charnue comme sont les ivresses, Il faisait chaud et mauve au sein de nos Afriques Et je prenais ton corps pour en faire des tresses Pour arrimer nos cœurs et remarier nos musiques Voici venu le temps d’une solitude étrange En désirs dilués dans une nuit obscène Le port est délavé de la boue et de la fange Et me voici tout seul à la dernière scène Qui aura eu cette chance ? Qui aura cette chance De fouler le sol de nos Afriques, de nos âmes aussi qui parlaient d’Amériques.
12.
Lève-toi 04:17
Il était un temps que l’on pensait oublié Quelques instants, quelques années Finalement moins long qu’il n’y paraît Juste le temps de se retrouver Lève-toi Lève-toi Les temps ont changé Il était un temps de toute beauté Soudain le vent se mis à souffler Jusque dans les toiles de ton araignée Jusqu’à ce qu’enfin tu te mis à bouger Lève-toi Lève-toi Les temps ont changé Combien de temps auras-tu expié Pour que confondant le présent du passé Tu sais plus si attendre c’est capituler Tu sais plus qui est maître sur l’échiquier Lève-toi Lève-toi Les temps ont changé

credits

released March 29, 2019

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Lo Pailhes Marseille, France

Histoires de Rock / Rock stories

Lo Pailhès écrit et interprète des chansons à textes en français et en anglais, pouvant parfois s’apparenter à des contes. Dissonant quand il le faut, l’univers de Lo Pailhès séduit par la musicalité rock et par la sincérité des mots qui viennent chercher l’oreille. ... more

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